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Pour un droit d’alerte professionnelle assorti d’une protection internationale


par Michel Dessaigne

Dans une économie mondialisée, les conséquences de nos actes ont une portée internationale qu’aucune législation nationale, aussi parfaite soit-elle, ne saurait réguler et maîtriser. D’où la nécessité d’un droit d’alerte protégé à l’échelle internationale…



Photo par duncid



Les enseignements de la crise mondiale n’ont pas été tirés : spéculation sur les places boursières, démesures des rémunérations de dirigeants de grandes entreprises, distribution de bonus. Dérives de toutes natures, dépassements de lignes jaunes, aveuglément devant certains risques majeurs en matière d’environnement ou de santé qui pèsent sur l’avenir de la planète, tous les décideurs ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Entre ignorance, inconscience ou prise de risques en toute connaissance de cause, cette crise est aussi celle de la responsabilité.

Les cadres, les managers, partout dans le monde, sont en première ligne dans les situations de tensions, de dilemmes professionnels lorsqu’ils sont témoins de ces dérives. Lorsque l’injonction de faire percute une éthique personnelle, des valeurs, une déontologie professionnelle, de quelle liberté d’expression, de quel droit de retrait, de refus ou d’alerte, de quelles marges de manœuvres disposent les professionnels et les managers ? Les cadres sont souvent enfermés dans le silence, faute de protection.

La prévention des risques passe par la négociation collective

La prévention des risques passe par la négociation collective des dispositifs d’accueil et de traitement des alertes professionnelles, en s’appuyant sur les droits existants et la légitimité des instances représentatives du personnel. La qualité de l’instruction des dossiers, l’indépendance des instructeurs sont déterminantes de l’efficacité des dispositifs négociés, dans l’intérêt de toute la société. Cette analyse des organisations syndicales internationales est aussi celles de nombreux acteurs : ONG, associations professionnelles, réseaux de whistleblowers. Dans une économie mondialisée, les conséquences de nos actes ont une portée internationale qu’aucune législation nationale, aussi parfaite soit-elle, ne saurait réguler et maîtriser.

Les travaux du groupe Cadres de UNI Global Union sur les conditions d’exercice d’une responsabilité sociale des cadres, ceux d’EUROCADRES sur le mangement responsable rejoignent les préoccupations de Transparency International, d’Amnesty International et de bien d’autres acteurs pour que soit reconnu partout dans le monde un droit d’alerte professionnelle, intégré dans les droits fondamentaux de l’OIT, tout comme la protection internationale des lanceurs d’alerte.

Les salariés ne demandent rien d’autre qu’à redevenir acteurs, retrouver des perspectives, un après-demain qui fasse sens, qui éclaire l’horizon, et que soient réunies les conditions d’exercice de leur responsabilité professionnelle prenant mieux en compte la finalité économique et sociale, les enjeux d’un développement durable.

Lire aussi l’article « Guide d’apprentissage pour se lever contre l’injustice » et l’article « Alertes professionnelles : le temps des convergences ? ».

Date de publication: 13 janvier 2011
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