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Document de Réflexion sur l’Action par l’Alliance internationale de journalistes


par Manola Gardez

Le 11ème engagement de la Charte Universelle des Responsabilités Humaines dit très bien les choses : « En tant qu’individus et qu’acteurs collectifs, nous acceptons la responsabilité de : Assurer que les médias tant électroniques qu’écrits jouent un rôle très proactif dans la mobilisation des opinions publiques sur des questions qui affectent le bien-être de chaque citoyen et qu’à titre de quatrième pouvoir, ils jouent pleinement leur rôle de chien de garde de la démocratie et de la gouvernance. » La « résonance » est ici évidente puisque cet engagement décrit la nature même de l’alliance.

Introduction

Le 11ème engagement de la Charte Universelle des Responsabilités Humaines dit très bien les choses : « En tant qu’individus et qu’acteurs collectifs, nous acceptons la responsabilité de : Assurer que les médias tant électroniques qu’écrits jouent un rôle très proactif dans la mobilisation des opinions publiques sur des questions qui affectent le bien-être de chaque citoyen et qu’à titre de quatrième pouvoir, ils jouent pleinement leur rôle de chien de garde de la démocratie et de la gouvernance. »
La « résonance  » est ici évidente puisque cet engagement décrit la nature même de l’alliance.

Le monde journalistique est largement doté de chartes et de codes éthiques. Et cette multiplication n’est pas forcément que positive, car les textes ont été élaborés pour le meilleur comme pour le pire puisqu’ils peuvent tout aussi bien défendre la liberté des journalistes ou au contraire la limiter (par les limites que les journalistes ont eux-mêmes définies pour préserver leur pré carré).

Avant même que cela ne soit souhaité dans ce préambule de la CURH, la « résonance » existe déjà : en effet de multiples déclinaisons de chartes professionnelles ont permis de développer et d’appliquer au journalisme les principes généraux de textes plus universels. La CURH vient donc amplifier l’écho des chartes et codes qui lui pré-existent.

L’existence de ces nombreux textes de références de par le monde fait que les pôles régionaux de l’alliance ne peuvent pas vraiment faire référence à la CURH, sauf au Brésil où les journalistes n’ont toujours pas de charte spécifique à leur profession. Le pôle brésilien de l’alliance a élaboré une charte brésilienne du journalisme qu’il s’évertue à faire adopter par la profession. Mais partout dans le monde, les journalistes préfèreront toujours être à l’origine des outils dont ils se dotent, par méfiance atavique de toute intrusion, de tout ce qui pourrait venir de l’extérieur de la profession.

L’alliance, née de la volonté de la FPH de se pencher sur la responsabilité de certains milieux socio- professionnels, ne fait que cela. Elle a fait sienne, depuis sa création et dans tous ses pôles, les affirmations que l’on retrouve sous la plume d’Edith Sizoo : « la responsabilité est un acte contrebalançant les droits ... et nous ne cherchons pas à remplacer la lutte pour des Droits par un discours sur la Responsabilité. » Dans notre réseau on affirme même qu’il n’y a pas de droits sans devoirs : « Il faut affirmer haut et fort qu’il n’y a pas de liberté sans responsabilité » (extrait de la maquette d’un futur Conseil de Presse en France, version 2008). Plusieurs chartes, en France comme en Suisse se nomment justement « Déclaration des droits et devoirs du journaliste ».

Mais qu’est-ce-que la responsabilité du journalisme ?

Le 11ème engagement de la CURH explicite bien le journalisme dont les principales fonctions sont effectivement de mobiliser le public et de servir de chien de garde ; mais la responsabilité est exercée par les hommes, même si la marge de manœuvre, l’indépendance et la responsabilité personnelle et individuelle du journaliste sont de plus en plus réduites. C’est pourquoi nous poserons plutôt la question suivante :
Mais qu’est-ce-que la responsabilité du journaliste ?
Le chef répondra à son journaliste qu’il s’agit en premier lieu de faire vivre son média : c’est le principal intérêt des patrons de presse comme des journalistes et de tous les métiers qui concourent à la fabrication de l’information.
« Faire vivre son média » sous-entend une activité entreprenariale et donc des préoccupations financières, les notions de marché, de rentabilité, etc..... Mais justement, l’obsession de l’alliance est précisément que la bonne marche des médias ne se fasse pas à n’importe quel prix !
Le prix à payer est paradoxalement non pas des devoirs mais des droits :
• le droit des journalistes à pouvoir produire une information de qualité et
• le droit du public à disposer d’une information de qualité, indépendante et plurielle.
Et quand on parle d’information de qualité, on parle éthique et déontologie. Des termes qui font d’ailleurs davantage consensus dans la profession que le terme de responsabilité.

Voici comment nous les différencions :
« - La déontologie détermine la morale et la loi de la vie professionnelle. Elle a été établie par des journalistes qui ont collectivement décidé de règles à suivre. La déontologie laisse peu de place à l’interprétation, elle s’exprime par des codes, des chartes mais aussi des normes plus ou moins explicites.

- L’éthique est mouvement. Elle transcende le temps et l’espace en tentant la synthèse du droit, de la morale et de la déontologie. L’éthique est un processus d’interrogations à partir de références qui devraient être claires. Questionnement perpétuel, ses réponses ne cessent de varier. L’éthique est l’espace dans lequel le journaliste assume sa liberté individuelle et son sens du discernement en fonction de la hiérarchie de ses valeurs. » (introduction du livret L’éthique en cours, Pourquoi et comment former les journalistes à l’éthique professionnelle, par Nathalie Dollé, alliance internationale de journalistes, juillet 2009)

L’alliance s’attaque donc à ces notions qui fâchent parce qu’elles demandent, entre autres, de la rigueur, du respect des règles, du temps, du professionnalisme...

Reste un autre grand domaine qui est celui de la RSE des médias, à savoir l’impact sociétal des médias en tant qu’entreprise. La responsabilité sociale englobe dans son acception large les quatre domaines suivants : le social, le politique, le culturel et bien sûr l’environnemental. L’alliance internationale de journalistes aborde quelques pistes de la responsabilité environnementale dans le « Panorama » qui est un recensement des démarches éthiques de presse, mais pas suffisamment pour qu’elles fassent l’objet d’une présentation détaillée dans ce rapport.

Lire le rapport complet (PDF) :

PDF - 249.5 ko
DRA Journalistes Août 2011
Date de publication: 31 août 2011
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